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Le déséquilibré de Norvège et les citations des philosophes

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Euterpe
Liber
6 participants

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Il me semble que Nietzsche considérait son Zarathoustra comme un accident, et en même temps une illumination. Il y a gagné énormément mais a aussi sacrifié une part de lui, l'événement lui faisant faire un saut qualitatif dans sa vie qui pourtant lui demanda un effort physique ou nerveux bien plus intense, à la hauteur des mouvements et explosions de sa pensée sublimée. Concernant sa maladie, il semble aussi qu'il ait redouté la folie (héréditaire ?) de son père, et que lui-même était sujet à des troubles psychiques annonçant cette maladie. Sa famille aurait essayé de taire les conditions de la mort du père et de protéger la mémoire du fils, faisant de cette folie précoce un lourd secret. Avec l'activité intellectuelle et son rythme épuisant, Nietzsche aurait alors créé, sans le vouloir, les conditions permettant l'apparition de troubles similaires à ceux de son père. Quand le décadent s'efforce de se surpasser et puise dans ses réserves pour développer sa puissance et lutter contre lui-même, la tension provoquée se fait source de grandes destructions qui s'ajoutent à la maladie. La guérison est donc difficilement atteinte, sinon à un prix trop grand, et elle amplifie la cruauté qui s'exerce contre soi-même. Ce qui d'ailleurs exige que le penseur s'applique à se surpasser encore pour se sentir en maîtrise et pour qu'il se supporte lui-même. On est dans un cercle vicieux qui creuse et abîme l'organisme. L'héroïsme, en ce cas, en voulant lutter contre le destin, le réalise, c'est pourquoi il est bien tragique.

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Concernant sa maladie, il semble aussi qu'il ait redouté la folie (héréditaire ?) de son père, et que lui-même était sujet à des troubles psychiques annonçant cette maladie. Sa famille aurait essayé de taire les conditions de la mort du père et de protéger la mémoire du fils, faisant de cette folie précoce un lourd secret. Avec l'activité intellectuelle et son rythme épuisant, Nietzsche aurait alors créé, sans le vouloir, les conditions permettant l'apparition de troubles similaires à ceux de son père.

Je ne savais pas que son père avait aussi eu ce genre de problème... De quoi est mort son père exactement ?

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Liber a écrit:
Neopilina a écrit:
Sinon, serait-il enfin possible qu'on me réponde clairement à cette question : Nietzsche avait-il, oui ou non, contracté la syphilis ?

Aucune preuve n'a pu être apportée pour confirmer cette thèse.
D'après Eric Vartzbed, l'auteur de La troisième oreille de Nietzsche. Essai sur un précurseur de Freud, sa syphilis ne fait aucun doute, même si on ne peut le prouver :
Faute d’une analyse de sang et du liquide céphalorachidien, le diagnostic de démence paralytique d’origine syphilitique n’est pas absolument certain. A l’époque de Nietzsche, ces examens n’existaient pas. Un doute minime demeure donc quant au diagnostic (que néanmoins, très peu de spécialistes contestent). Dans le cas de Nietzsche, même s’il est quasiment certain qu’il s’agit d’une infection syphilitique, un petit point d’interrogation demeure.


Silentio a écrit:
lui-même était sujet à des troubles psychiques annonçant cette maladie. Sa famille aurait essayé de taire les conditions de la mort du père et de protéger la mémoire du fils, faisant de cette folie précoce un lourd secret. Avec l'activité intellectuelle et son rythme épuisant, Nietzsche aurait alors créé, sans le vouloir, les conditions permettant l'apparition de troubles similaires à ceux de son père.
Le même Eric Vartzbed rejette toute idée de folie chez Nietzsche avant le 3 janvier 1889. Il affirme qu'aucune de ses œuvres ne permet d'établir une psychose, et que se livrer à une telle interprétation est le fait de vues idéologiques. J'avoue que sa thèse a mes faveurs.

Bref, au sujet de tous les points passés en revue (dépersonnalisation, schizoïdie, paranoïa, mégalomanie), il ne s’agit jamais plus que de mouvements d’allure psychotique, il n’y a pas de signes florides qui pourraient s’inscrire dans cette lignée diagnostique.
Plus loin, pour conclure :
Certes, l’homme Nietzsche a sombré dans la démence, mais le philosophe n’a jamais connu les gouffres de la psychose. Les portraits d’un Nietzsche fou sont trompeurs, ils renvoient à de la fausse monnaie psychologique. Ces images déformées sont des constructions posthumes qu’il convenait de récuser
En somme, l'auteur pense que la syphilis est l'agent extérieur provoquant la folie de Nietzsche et que cet agent se déclare le 3 janvier 1889, 23 ans après l'infection, contractée en 1866 ; aucune cause interne ne pouvant expliquer sa folie.

L'article cité est dans la bibliothèque contemporaine (topic dédié à Nietzsche, évidemment, et qui constitue une vraie source de travail tant la bibliographie y est abondante, proportionnellement aux ouvrages libres de droit et disponibles s'entend : ici).

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Le même Eric Vartzbed rejette toute idée de folie chez Nietzsche avant le 3 janvier 1889. Il affirme qu'aucune de ses œuvres ne permet d'établir une psychose, et que se livrer à une telle interprétation est le fait de vues idéologiques. J'avoue que sa thèse a mes faveurs.

Je suis d'accord, et j'admets que l'hypothèse de la syphilis est plus probante, toutefois par "troubles psychiques" je n'entendais pas vraiment parler d'une psychose antérieure à l'effondrement. Ou alors il faudrait appeler folie la lucidité qui s'exprime dans les textes et qui mène à des hauteurs inégalées, parfois difficilement supportables. On peut être pris de vertige. Par contre, les luttes (à la fois internes et externes) que Nietzsche a menées ont été un terreau de plus en plus favorable à la folie. Son esprit a toujours été mouvementé et hanté par certaines obsessions et peurs. L'effondrement c'est le calme après la tempête, après que les éclairs lumineux de la pensée ont eu raison de l'homme. Un homme torturé par les énigmes du dieu, foudroyé par le génie et épuisé par lui. Cela dit, peut-être aurait-il pu continuer à prendre sur lui sa souffrance et à travailler sur lui-même si la maladie (disons la syphilis) ne s'était pas déclarée (reste à savoir si elle apparaît ex nihilo ou si elle surgit et s'amplifie incroyablement dans un corps déjà affaibli et si la folie provoquée aurait pu être évitée dans le cas d'un esprit mesuré, stable et calme - cependant, je ne connais pas grand-chose des effets de la syphilis, peut-on la contracter sans qu'elle nous travaille au corps pendant plusieurs années avant qu'elle ne se déclare dans ses effets les plus extrêmes ?).

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La dernière contribution d'Euterpe me satisfait complètement.

Si elle n'est pas soignée, et à l'époque on ne pouvait pas la soigner, le déroulement est inévitable, chez qui que ce soit (Wiki, Syphilis.).
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