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D'où viennent le bien et le mal ?

power_settings_newSe connecter pour répondre
3 participants

descriptionD'où viennent le bien et le mal ? - Page 2 EmptyRe: D'où viennent le bien et le mal ?

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Bonjour,

Il ne faut pas commencer par Kant en effet. Si je l'ai fait c'est uniquement en raison de mes questions personnelles d'ordre scientifique. Je transmets les mathématiques et la physique (je dis bien : transmettre plutôt qu'enseigner) et je suis soucieux du vocabulaire que j'emploie. Mais si je conteste le vocabulaire des manuels scolaires et universitaires il faut que je trouve un fondement à mes critiques.
Si vous commencez par Sagesses je crois que vous aimerez. Ferry commence par expliquer les écrits d'Hésiode et d'Homère : c'est passionnant ! et surtout Ferry est généreux, il cherche à transmettre lui aussi, il ne se drape pas dans un vocabulaire ésotérique. 
La philosophie est d'abord une "façon" de penser, à partir de principes donnés, qu'il est important de connaître.
Il y a quelque chose de semblable aux sciences exactes en philosophie, avec la nécessité de s'appuyer sur des définitions de base. Non que ces définitions soient intangibles ! mais elles permettent de bâtir une "cathédrale" toujours inachevée d'ailleurs.

Il est possible de penser autrement bien sûr qu'à partir des fondements de la philosophie mais il est important, comme vous dites, de pouvoir communiquer avec d'autres. Or la communication n'est possible que si nous partons de fondations et de définitions communes à tous (comme en mathématiques). Ne vous y trompez pas : philosopher est un "loisir" qui exige pas mal de travail. Mais c'est passionnant aussi car la philosophie vous permet de forger sans cesse de nouvelles représentations du monde, et ces nouvelles représentations permettent de nouvelles façons d'agir. Il s'agit donc d'autre chose que d'un loisir, c'est en fait une vraie discipline.

Il y a un livre d'introduction à la philosophie qui est utile aussi, c'est un livre simple d'accès :

Premiers pas en philosophi
e de Philippe Solal et Pierre-Jean Dessertine (collection Ellipses), qui donne la définition des mots clés en philo et qui parle brièvement des principaux philosophes.

Bonne journée !

P. S. : si vous désirez, en lisant Sagesses, en débattre ici, pourquoi pas ; je pense que la seule manière de communiquer efficacement c'est d'échanger à partir d'un texte commun. Sinon la discussion part vite dans tous les sens. Par exemple pour la question du mal et du bien il vaut mieux partir d'un texte, d'un livre. Puis débattre à partir de ce texte. Proposition : achetons ensemble un livre synthétique sur la question et parlons-en ! Mais vous avez déjà Sagesses à lire !

descriptionD'où viennent le bien et le mal ? - Page 2 EmptyRe: D'où viennent le bien et le mal ?

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Pour en revenir à la question posée, je dirais que le bien et le mal sont des concepts qui varient dans le temps et l'espace. Ils n'ont aucun caractère universel. Ce qui est considéré comme bien dans un endroit et en un temps donné peut être vu comme mal dans un endroit/temps différent. Autrement dit, le relativisme culturel nous apprend qu'il n'y pas de bien ni de mal absolu et que ces notions proviennent de la culture, de la société d'où nous sommes issus. Je vous renvoie à ces deux extraits de Sade et d'Hérodote pour appuyer mes propos.

Sade a écrit:
« DOLMANCÉ — Ah! n’en doutez pas, Eugénie, ces mots de vice et de vertu ne nous donnent que des idées purement locales. Il n’y a aucune action, quelque singulière que vous puissiez la supposer, qui soit vraiment criminelle; aucune qui puisse réellement s’appeler vertueuse. Tout est en raison de nos mœurs et du climat que nous habitons; ce qui est crime ici est souvent vertu quelque cent lieues plus bas, et les vertus d’un autre hémisphère pourraient bien réversiblement être des crimes pour nous. Il n’y a pas d’horreur qui n’ait été divinisée, pas une vertu qui n’ait été flétrie. De ces différences purement géographiques naît le peu de cas que nous devons faire de l’estime ou du mépris des hommes, sentiments ridicules et frivoles, au-dessus desquels nous devons nous mettre, au point même de préférer sans crainte leur mépris, pour peu que les actions qui nous le méritent soient de quelques volupté pour nous.
EUGÉNIE — Mais il me semble pourtant qu’il doit y avoir des actions assez dangereuses, assez mauvaises en elles-mêmes, pour avoir été généralement considérées comme criminelles, et punies comme telles d’un bout de l’univers à l’autre?
MME DE SAINT-ANGE — Aucune, mon amour, aucune, pas même le viol ni l’inceste, pas même le meurtre ni le parricide.
EUGÉNIE — Quoi! ces horreurs ont pu s’excuser quelque part?
DOLMANCÉ — Elles y ont été honorées, couronnées, considérées comme d’excellentes actions, tandis qu’en d’autres lieux, l’humanité, la candeur, la bienfaisance, la chasteté, toutes nos vertus, enfin, étaient regardées comme des monstruosités. »
Sade, La Philosophie dans le boudoir, Troisième dialogue


Hérodote a écrit:
Si l’on proposait en effet à tous les hommes de faire un choix parmi les meilleures lois qui s’observent dans les divers pays, il est certain que, après un examen réfléchi, chacun se déterminerait pour celles de sa patrie : tant il est vrai que tout homme est persuadé qu’il n’en est point de plus belles. Il n’y a donc nulle apparence que tout autre qu’un insensé et un furieux en fît un sujet de dérision.
Que tous les hommes soient dans ces sentiments touchant leurs lois et leurs usages, c’est une vérité qu’on peut confirmer par plusieurs exemples, et entre autres par celui-ci : Un jour Darius, ayant appelé près de lui des Grecs soumis à sa domination, leur demanda pour quelle somme ils pourraient se résoudre à se nourrir des corps morts de leurs pères. Tous répondirent qu’ils ne le feraient jamais, quelque argent qu’on pût leur donner. Il fit venir ensuite les Calaties, peuples des Indes, qui mangent leurs pères ; il leur demanda en présence des Grecs, à qui un interprète expliquait tout ce qui se disait de part et d’autre, quelle somme d’argent pourrait les engager à brûler leurs pères après leur mort. Les Indiens, se récriant à cette question, le prièrent de ne leur pas tenir un langage si odieux : tant la coutume a de force. »
Hérodote, Histoires, III, 38
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