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Sexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains

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5 participants

descriptionSexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains EmptyRe: Sexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains

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Enfin, chez les Grecs on ne peut pas vraiment dire que les besoins sexuels étaient satisfaits par le mariage, sauf pour les épouses, bien forcées d'être sages. Au contraire, les moeurs sexuelles dans l'Antiquité étaient libres, à condition qu'elles n'empêchent pas l'exercice des magistratures ou de la guerre. On y voyait par contre d'un mauvais oeil que le vieillard s'y adonne. On peut lire Lysias à ce sujet, ou les comiques grecs et romains, quand le vieux pervers est à la fin privé de sa jeune fille nubile au profit d'un jeune homme, conclusion plus conforme à la morale. Surtout, l'adultère était sévèrement puni, ce qui montre que chez les Grecs le problème n'était pas la sexualité dans son sens physiologique, mais le désordre lié aux sentiments. Ils contrôlaient très bien l'hybris sexuelle (grâce en particulier aux nombreux lupanars), mais avaient une peur bleue de la folie amoureuse. Le mariage servait à substituer à l'amour la tendresse mutuelle du couple et l'affection pour leurs enfants. Sur ce point, Grecs et surtout Romains ne tarissent pas d'éloges à propos de la tendre épouse, mère de famille accomplie, et parfaite intendante de maison, des qualités qui seront reprises telles quelles par les chrétiens et tout aussi vantées.


Neopilina a écrit:
Et Nietzsche vénérait les Grecs, enviait leur "Santé", et a écrit "puissions-nous un jour redevenir physiquement des Grecs". Quand bien même ça serait une pure utopie.

Il n'y a aucune utopie dans cette phrase de Nietzsche. Grec ici est un symbole. Nietzsche ne souhaitait pas que nous redevenions des Grecs ! Il ne vénérait pas non plus les Grecs, pas plus que Schopenhauer ne vénérait le Bouddha. J'en profite pour signaler aussi qu'il ne faisait pas l’apologie de qui que ce soit, pas plus César Borgia que Napoléon ou le Vieux de la Montagne. A chaque fois ce sont des symboles, comme les animaux utilisés dans Zarathoustra.

descriptionSexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains EmptyRe: Sexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains

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jean ghislain a écrit:
J'avance qu'il est de l'intérêt égoïste de tout État de marier ses citoyens le plus tôt possible afin de former des cellules familiales pour que le citoyen se donne rapidement à l'économie d'État, puisque ses besoins dit "primaires" sont satisfaits.
C'est une allégation qu'il est tout simplement impossible de prouver.

Les digressions ne doivent être faites que dans la mesure où elles permettent de revenir au sujet en éclairant un de ses aspects. J'ai précisément ouvert ce topic pour éviter le hors-sujet dans un autre.

De plus, essayez de n'énoncer que des propos que vous pouvez fonder ou étayer ; au pire, et dans la mesure du possible, pensez à préciser à chaque fois s'il s'agit d'une opinion strictement personnelle, afin que vos lecteurs distinguent plusieurs niveaux de lecture.


Dernière édition par Euterpe le Dim 19 Fév 2012 - 2:00, édité 2 fois

descriptionSexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains EmptyRe: Sexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains

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Euterpe a écrit:
jean ghislain a écrit:
J'avance qu'il est de l'intérêt égoïste de tout État de marier ses citoyens le plus tôt possible afin de former des cellules familiales pour que le citoyen se donne rapidement à l'économie d'État, puisque ses besoins dit "primaires" sont satisfaits.
C'est une allégation qu'il est tout simplement impossible de prouver.

Que dit exactement Foucault sur la question ? Je pense avoir montré plus haut que cette allégation (de Jean Ghislain ou de Foucault ?) était fausse. Les Grecs avaient intérêt à marier leurs citoyens pour éviter les histoires passionnelles. Les tragédies d'Euripide dépeignent les ravages de la passion amoureuse et de toutes celles qu'elle entraîne avec elles, la jalousie au premier plan. En revanche, il ne me semble pas du tout que la sexualité ait posé un problème aux Grecs.

descriptionSexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains EmptyRe: Sexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains

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Liber a écrit:
Que dit exactement Foucault sur la question ? Je pense avoir montré plus haut que cette allégation (de Jean Ghislain ou de Foucault ?) était fausse.Les Grecs avaient intérêt à marier leurs citoyens pour éviter les histoires passionnelles. Les tragédies d'Euripide dépeignent les ravages de la passion amoureuse et de toutes celles qu'elle entraîne avec elles, la jalousie au premier plan. En revanche, il ne me semble pas du tout que la sexualité ait posé un problème aux Grecs.
Cette allégation est bien de Jean Ghislain, pas de Foucault, qui parle d'un pouvoir pastoral, pour le christianisme, tandis qu'il parle de la sexualité grecque, et orientale ou préchrétienne, comme d'un ars erotica. J'ai toujours été ahuri de constater la lucidité gréco-romaine, en matière de sexe et d'amour (disons qu'ils sont à la fois plus naturels et raffinés), comparés par exemple à la peur bleue et aux contorsions du XVIIIe siècle, qui n'est pas pour rien dans ce qui va devenir le romantisme.

descriptionSexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains EmptyRe: Sexualité, amour et mariage chez les Grecs et les Romains

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Euterpe a écrit:
tandis qu'il parle de la sexualité grecque, et orientale ou préchrétienne, comme d'un ars erotica.

Je pense aux Mille et une nuits, dans l'édition d'origine, pas dans la traduction de Galland qui a été expurgée de toute sexualité.

comparés par exemple à la peur bleue et aux contorsions du XVIIIe siècle, qui n'est pas pour rien dans ce qui va devenir le romantisme.

Il faut dire qu'on sortait d'un siècle extrêmement rigoriste. Autre point : les Anciens ne me semblent pas avoir connu les maladies comme la syphilis, venues d'Orient et qui furent déterminantes dans le maintien de la morale chrétienne, même en plein libertinage. Elles vinrent perturber le réveil de la sensualité à la Renaissance. Au XVIIIème, Casanova devait faire des cures régulières pour se guérir de ces maladies. Enfin, last but not least, le grand Goethe n'eut une sexualité épanouie qu'à partir de son séjour romain. Il comprit vraiment alors Properce. De retour en Allemagne, il fut surnommé "Priape". Il prolongea son bonheur romain en se trouvant une jeune femme de 20 ans, dont il décrivit complaisamment les charmes dans sa correspondance.
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