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Autour d'une pensée de l'existence

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Dienekes
aliochaverkiev
Vangelis
Crosswind
Arcturus
9 participants

descriptionAutour d'une pensée de l'existence - Page 19 EmptyRe: Autour d'une pensée de l'existence

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aliochaverkiev a écrit:
Crosswind a écrit:
Bon, bon, bon... Si je comprends bien, pour Sartre (dont je viens de relire le roux roman et surtout parce qu'en définitive il s'agit bien de ses conceptions à lui), l'existence est en quelque sorte la condition première, sine qua non, qui permettra la construction libre, appuyée sur l'ouverture à un monde, d'un être et par lui des concepts, dont le concept d'essence. L'être serait donc cet assemblage produit par une liberté consciente, grâce à l'existence, prise comme origine ultime ? Ce que nous dit Sartre c'est que l'homme est d'abord une conscience, ensuite une construction libre au sein d'un espace contraignant donné par la conscience ?

Mais si tel est le cas, comment justifier la liberté ? Qu'est ce qui est libre sinon une essence ou une existence ? L'existence ne peut l'être puisqu'elle est contingente, et l'essence non plus puisqu'elle semble ne pas pouvoir avoir la liberté suffisante que pour exister préalablement à toute autre chose.




J'ai parlé de Sartre pour introduire l'existence. J'ai mis  le plan de mon étude, vous verrez alors que Sartre occupe la troisième partie: facticité et liberté.
Facticité:  nous sommes des êtres de l'ordre du fait. Facticité ouvre sur contingence. Mais aussi d'un autre côté facticité induisant l'idée d'une construction de soi, d'un choix de soi, s'articule nécessairement sur le concept de liberté. On ne peut désimpliquer facticité et liberté. Notre existence sera totalement traversée, occupée, préoccupée à découvrir la liberté et en faire quelque chose. Donc faire quelque chose peut-être aussi négatif. Cela veut dire aussi ne pas vouloir  l'assumer, ne pas vouloir la considérer, tenter de la fuir. Le salaud chez Sartre c'est celui qui se fuit lui-même. (en gras car il m'a été demandé la définition du salaud selon Sartre) Mais ce sera développé beaucoup plus tard.
L'existence est en effet prise comme origine première. Origine non elle même soumise au principe de raison suffisante. Être ou ne pas être. Exister ou ne pas exister. Cela échappe à la causalité. Echappe à la nécessité, cela est donc contingent, et la contingence elle même est ce moment hors causalité.
Essence et existence ne sont pas à mettre sur le même plan. L'essence est une idée. L'existence est un fait. C'est justement parce que l'existence est contingente (être ou ne pas être) que la liberté éclôt. Mais soit j'accepte ma liberté en déclarant ma responsabilité soit je refuse cette liberté en ne la déclarant pas. Soit je me décide responsable de ma vie, soit, tel le salaud (selon Sartre) je ne me déclare pas responsable de ma vie.

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Merci. Une phrase très courte suffira à ma réponse, pour le moment : quelle logique Sartre invoque-t-il pour avancer la contingence de cette origine, de cette existence ? Comment comprendre la contingence en question ? Cela signifie-t-il que le substrat minimal, une forme consciente, une existence, aurait pu ne pas "être" ?

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Crosswind a écrit:
Merci. Une phrase très courte suffira à ma réponse, pour le moment : quelle logique Sartre invoque-t-il pour avancer la contingence de cette origine, de cette existence ? Comment comprendre la contingence en question ? Cela signifie-t-il que le substrat minimal, une forme consciente, une existence, aurait pu ne pas "être" ?




Sartre ne se place pas dans une logique. Après avoir lu la Nausée vous pouvez sans doute le comprendre. L'existence est contingente, elle est de l'ordre du constat, du fait. Sartre le dit lui-même" je ne peux jamais déduire mon existence". Comme l'existence ne se déduit pas, elle n'est pas nécessaire. L'existence est contingente.
Nos habitudes de penser nous « forcent » nous "ordonnent" de tout penser dans une logique (l’exercice de la raison dans la logique formelle, laquelle raison « exige » une cause, un avant et un après).
C’est en cela que l’existentialisme est révolutionnaire : il initie une autre façon de penser. Bien sûr il est loisible de réfuter Sartre dans une telle démarche; mais pour le comprendre, pas seulement lui, mais aussi les existentialistes en général, il est nécessaire de se couler dans sa démarche.

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Arcturus a écrit:
Le salaud chez Sartre c'est celui qui se fuit lui-même.

Je ne vois pas bien comment on peut définir le salaud Sartrien avec la fuite de soi-même, puisque la notion de soi-même est déjà le résultat d'une néantisation d'un en-soi et qui ne définit en rien, ni le salaud, ni le lâche. Ce n'est que la manière dont nous nous positionnons face à cette néantisation qui peut définir le lâche et le salaud.
Arcturus a écrit:

Soit je me décide responsable de ma vie, soit, tel le salaud (selon Sartre) je ne me déclare pas responsable de ma vie.

Vous faites un énorme contre sens !

Pour Sartre il ne peut y avoir que deux types de personnes, les lâches et les salauds. Les lâches sont ceux qui nient leur liberté en disant : je n'avais pas le choix.
Ainsi ceux qui ne se déclarent pas responsables sont des lâches et non des salauds.
Ensuite, le salaud Sartrien est celui qui nie aussi sa liberté mais d'une autre façon. Les salaud sont ceux qui disent : mon acte était nécessaire.
Et l'on voit bien ici que la négation de la liberté est toute dans cette nécessité affirmée.

Celle liberté est implacable puisque nous ne pouvons être que lâche ou salaud.
Crosswind a écrit:

Une phrase très courte suffira à ma réponse, pour le moment : quelle logique Sartre invoque-t-il pour avancer la contingence de cette origine, de cette existence ?

En une phrase, c'est impossible !
Mais dans l'extrait ci-dessous de L'être et le néant, Sartre résume clairement sa démarche. Bien sûr, pour le développement il faudra se reporter à l'ouvrage.
Sartre, L'être et le néant, Edit Tel, p483 a écrit:

Nous avons, en effet, établi dés notre premier chapitre que si la négation vient au monde par réalité-humaine, celle-ci doit être un être qui peut réaliser une rupture néantisante avec le monde et avec soi-même ; et nous avions établi que la possibilité permanente de cette rupture ne faisait qu'une avec la liberté. Mais, d'autre part, nous avions constaté que cette possibilité permanente de néantiser ce que je suis  sous forme de "l'avoir-été" implique pour l'homme un type d'existence particulier. Nous avons pu alors déterminer, à partir d'analyses comme celle de la mauvaise foi, que la réalité-humaine était son propre néant. Être, pour le pour-soi, c'est néantiser l'en-soi qu'il est. Dans ces conditions, la liberté ne saurait être rien d'autre que cette néantisation. C'est par elle que le pour-soi échappe à son être comme à son essence, c'est par elle qu'il est toujours autre chose que ce que l'on peut dire de lui, car au moins est-il celui qui échappe à cette dénomination même, celui qui est déjà par delà le nom qu'on lui donne, la propriété qu'on lui reconnaît. Dire que le pour-soi a à être ce qu'il est, dire qu'il est ce qu'il n'est pas en n'étant pas ce qu'il est, dire qu'en lui l'existence précède et conditionne l'essence […] c'est dire une seule et même chose, à savoir que l'homme est libre.


Dernière édition par Vangelis le Mer 8 Juin 2016 - 23:34, édité 1 fois

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Vangelis a écrit:
Pour Sartre il ne peut y avoir que deux types de personnes, les lâches et les salauds. 

Il n'y a que deux types de personnes ?
Etonnant.
Et vous ? vous vous situez dans quel type ?
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